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Auberge Place d'Armes

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Rêver Montréal, une initiative du Centre le Pèlerin, rappelle la mémoire de Jeanne Mance, cofondatrice de Montréal

Par Gilles Durand


Le vendredi 19 mai 2017, Rêver Montréal, une initiative du Centre le Pèlerin, rappelle la mémoire de Jeanne Mance, cofondatrice de Montréal. Dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal, il organise en partenariat un après-midi commémoratif sous la présidence d'honneur de la présidente du Conseil de la Société du 375e de Montréal, France Chrétien Desmarais, et de la Consule générale de France, Catherine Feuillet. L'événement a lieu à l'auditorium Jeanne-Mance de l'Hôtel-Dieu de Montréal. Rehaussé par la présence de plusieurs dignitaires, il constitue un succès quant à la réponse du public et à l'intérêt manifesté.

Les activités au programme comprennent une conférence d'ouverture et une table ronde avec quatre participants. À celles-ci s'ajoutent le dévoilement du scellé commémoratif du 350e anniversaire de l'Hôtel-Dieu de Montréal en 1992, et des hommages rendus à des représentantes de la profession et de la communauté des Religieuses hospitalières, de même qu'à des descendants reliés à la grande famille de Jeanne Mance.

De g. à d. Danielle Fleury, PDG adjointe du CHUM, Denis Coderre, maire de Montréal
De g. à d. Danielle Fleury, PDG adjointe du CHUM, Denis Coderre, maire de Montréal

Conférence d'ouverture par Danielle Fleury, présidente-directrice générale adjointe du CHUM – « Jeanne Mance, infirmière et leader : un legs inspirant » : Jeanne Mance est originaire de Langres, ville située en Champagne méridionale. La guerre de Trente Ans et les épidémies lui donnent l'occasion de prodiguer des soins aux blessés et aux malades et ainsi de s'initier à la profession d'infirmière. Femme déterminée, d'un engagement inconditionnel, elle accepte avec enthousiasme le mandat que lui confie la Société de Notre-Dame de Montréal de fonder un hôpital à Montréal. C'est aussi pour elle l'occasion d'accroître son expertise dans l'exercice d'un métier qu'elle pratique auprès des Amérindiens et des colons français, et dont elle devient la première représentante laïque en Amérique du Nord. Par l'enthousiasme, le dévouement et la détermination dont elle fait preuve depuis son arrivée à Montréal en 1642 jusqu'à son décès en 1673, elle constitue une source d'inspiration pour les travailleurs de la santé, tant des communautés religieuses que du monde laïque. Par là, elle jette les bases de la profession d'infirmière qui n'a cessé de se développer jusqu'à nos jours de ce côté-ci de l'Atlantique.

De g. à d. Jean-Paul Pizelle, Louise Harel, Françoise Deroy-Pineau, Annabel Loyola
De g. à d. Jean-Paul Pizelle, Louise Harel, Françoise Deroy-Pineau, Annabel Loyola

Table ronde réunissant quatre conférencières et conférencier
Jean-Paul Pizelle, président de l'Association Langres-Montréal, initiateur et coauteur du livre Jeanne Mance. De Langres à Montréal, une femme bâtisseuse – « Jeanne Mance en France. Une femme dynamique, découvertes récentes » : Le conférencier traite du milieu d'où Jeanne Mance est originaire : la ville de Langres avec ses remparts, ses églises, le quartier et ses rues où elle a grandi, la résidence familiale. Elle est la 2e, née en 1606, d'une famille de douze enfants. Lors du décès de ses père et mère au début de la décennie 1630, elle prend charge de ses frères et sœurs de même que de la succession de ses parents. Il ne reste aucune trace de la formation qu'elle a reçue, mais l'on sait qu'elle est soignante à Langres. Célibataire laïque et catholique convaincue bien que n'ayant jamais entré en religion, elle participe à l'esprit missionnaire de son temps. Pour illustrer ses propos, le conférencier présente plusieurs photographies et souligne au passage les découvertes récentes, notamment quant à la résidence familiale.

Louise Harel, membre du Barreau du Québec, députée (1981-2008), ministre sous quatre premiers ministres, présidente de l'Assemblée nationale du Québec et chef de l'Opposition à la Ville de Montréal (2009-2013) – « Héroïne pour notre temps, histoire d'une femme qui a fondé une ville! » : Jeanne Mance mérite bien la reconnaissance qu'elle a reçue en 2012, d'être cofondatrice de Montréal, à l'égal de Paul de Chomedey de Maisonneuve. C'est une femme hors du commun, une bâtisseuse, capable de donner des orientations et d'entraîner l'adhésion, autant à l'aise avec les plus humbles qu'avec les personnages de la haute société pourvoyeurs de fonds et capables de faire avancer les projets, telle Mme de Bullion, veuve du surintendant des Finances de France et riche bienfaitrice. Douée d'un sens politique remarquable, elle se joint aux membres de la Société de Notre-Dame de Montréal. Détenant la seigneurie de l'île de Montréal, la Société lui confie ainsi qu'à Maisonneuve le soin de mettre sur pied et de développer une colonie à l'endroit qui deviendra Montréal. Deux navires sont envoyés en Nouvelle-France avec vivres et colons, l'un confié à Maisonneuve, l'autre à Jeanne Mance. Une fois arrivée à Québec en 1641, elle sait défendre face aux autorités en place le choix de Montréal plutôt que Québec pour fonder un établissement. Par trois fois, entre 1649 et 1663, elle traverse l'Atlantique pour obtenir des fonds et des colons pour la colonie naissante, du personnel pour son hôpital parmi les Religieuses hospitalières, de même que pour assurer le transfert harmonieux de la colonie aux Sulpiciens à la suite de la dissolution de la Société de Notre-Dame de Montréal. Maisonneuve traverse trois fois lui aussi, mais toujours l'un d'eux demeure dans la colonie pour en assurer la bonne marche. Visionnaire, Jeanne Mance n'hésite pas à puiser dans les fonds destinés à l'hôpital pour aider le gouverneur à faire venir des colons.

Françoise Deroy-Pineau, auteur de plusieurs ouvrages sur les pionnières de la Nouvelle-France, dont Jeanne Mance, de Langres à Montréal, la passion de soigner – « Jeanne Mance et Paul de Chomedey : un compagnonnage fondateur » : Pour la conférencière, la fondation de Montréal en 1642 est une histoire toute de collaboration. Par exemple, Jeanne Mance et Paul de Chomedey reçoivent tous deux, de la Société de Notre-Dame de Montréal, le mandat de fonder un établissement dans l'espace qui devient Montréal, dans le but de répandre la foi catholique parmi les Amérindiens et les colons français qui viendront s'y établir. Deux navires pour transporter les premiers colons et les vivres nécessaires à leur subsistance sont affrétés, dont l'un est placé sous la responsabilité de Jeanne Mance, l'autre sous celle de Maisonneuve. Une fois sur place, la première prend en charge non seulement les soins de santé, mais aussi les questions d'intendance et de gestion interne de l'établissement; le deuxième, lui, donne le coup d'envoi de la colonie naissante en s'occupant de construction, de défrichage et de stratégie militaire. L'un et l'autre doivent retourner dans la métropole à trois reprises en vue d'obtenir des ressources humaines et financières additionnelles; ce faisant, ils s'épaulent et, de plus, toujours l'un d'eux demeure dans la colonie pour en assurer le bon fonctionnement.

Annabel Loyola, cinéaste, réalisatrice du film La folle entreprise, sur les pas de Jeanne Mance lancé en 2011 – « De Langres à Montréal : la folle entreprise »: Originaire de Langres comme Jeanne Mance, fascinée par le périple de cette infirmière laïque hors du commun, la réalisatrice se fait passeuse de mémoire, en produisant le long-métrage documentaire mentionné ci-dessus. Tout récemment en 2017, elle termine un 2e film, intitulé Le dernier souffle – Au cœur de l'Hôtel-Dieu de Montréal; celui-ci introduit dans le quotidien d'un espace, associé à Jeanne Mance et à la communauté qu'elle s'est adjointe, les Religieuses hospitalières de Saint-Joseph, pour dispenser les soins de santé – l'Hôtel-Dieu actuel est appelé à être remplacé en 2017 par le nouveau Centre hospitalier de l'Université de Montréal. Dans son allocution, Annabel Loyola met l'accent sur l'image que les mémoires, les ouvrages historiques, les journaux et les guides touristiques ont laissée de la cofondatrice de Montréal. Une constatation d'ensemble se dégage : bien que la biographe de Jeanne Mance, Marie-Claire Daveluy, l'a reconnue comme cofondatrice en 1934, beaucoup d'autres ne l'ont pas fait. À la suite d'un rapport préparé par Jacques Lacoursière, le conseil municipal de Montréal entérine la proclamation de Jeanne Mance comme cofondatrice de la ville, à l'égal de Maisonneuve, le 17 mai 2012.

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