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lundi 16 décembre 2019

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Colloque Jean Nicollet et les explorateurs de l'Amérique du Nord, Samedi 2 novembre 2019 à l'Université Laval, Québec

Exposition Louis Hébert et Marie Rollet présentée à la Faculté de pharmacie de l'Université de Lille, jusqu'à l'automne 2019

memoires vives

Le patrimoine religieux du Québec
Éducation et transmission du sens


Le patrimoine religieux du Québec - Éducation et transmission du sens, colloque organisé à Montréal en novembre

Patrimoine
L'église de
Sainte-Marguerite-de-Blairfindie
Photo crédit : Marcel Fournier

2006, a soulevé des questions directement reliées aux lieux de mémoire. Les multiples manifestations du patrimoine religieux ne constituent-elles pas des lieux de mémoire, dans une société qui était encore très majoritairement pratiquante, voilà deux générations? La pérennité de ces lieux ne dépend-elle pas de l’aptitude et de la volonté de leurs détenteurs de les transmettre, c’est-à-dire de les faire partager par d’autres, dont ils enrichiront la mémoire personnelle? La commémoration d’une célébration ou la mise en valeur d’une église ancienne constituent-elles la célébration d’un souvenir religieux ou d’un héritage culturel? Pourquoi conserver et gérer le patrimoine, si ce n’est pour le transmettre, pour en partager la richesse et le sens avec des personnes qu’on veut sensibiliser à la valeur de l’héritage que nous laisserons?

Voilà quelques-unes des questions qui, pendant deux jours, ont interpellé défenseurs et promoteurs des lieux de mémoire, dont l’identification est nécessairement précédée d’un questionnement sur leur signification. Or, quelle est la signification du patrimoine religieux? Est-elle surtout religieuse ou culturelle?

Dès la séance d’ouverture, un conférencier a entraîné les auditeurs dans une réflexion sur la signification culturelle du patrimoine religieux. Si le patrimoine évoque un héritage qu’on veut conserver et transmettre, en est-il ainsi de son « identité » religieuse? Comment et pourquoi s’approprier un lieu dont on apprécie la valeur culturelle seule et non la raison d’être première? Ou pourquoi sauver le patrimoine religieux si sa dimension religieuse – essentielle aux yeux de ceux et celles qui l’ont constitué – nous est indifférente?

Une autre question soulevée par ce colloque porte sur l’appropriation du patrimoine d’une collectivité par des étrangers. Notre patrimoine peut-il devenir lieu de mémoire pour d’autres, immigrants ou visiteurs? Les touristes qui visitent Notre-Dame y trouvent-ils un écho à leurs préoccupations religieuses ou à leurs intérêts culturels ou, au contraire, ne la voient-ils que comme une attraction touristique? Des enfants qui grandissent dans un milieu majoritairement non pratiquant, auxquels on fait découvrir les églises de leur quartier et qui s’y intéressent, s’approprient-ils des lieux de mémoire?

En marge de ces questions, des conférences faisaient découvrir aux visiteurs des lieux de mémoire authentiques, tels que l’œuvre d’éducation et d’enseignement des Sœurs de Sainte-Anne et le Musée des Ursulines de Québec; mais lieux de mémoire pour qui?

Ce colloque s’inscrivait dans le sillage des audiences publiques tenues par la Commission de la culture de l’Assemblée nationale qui a parcouru le Québec de septembre 2005 à janvier 2006. Organisé par la Chaire religion, culture et société de la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal et la Fondation du patrimoine religieux du Québec, il s’est tenu les 23 et 24 novembre 2006 au Gesù, lieu de mémoire pour les anciens du collège Sainte-Marie de Montréal, dont seule la chapelle subsiste.

Les actes de ce colloque seront publiés en novembre 2007.

Robert Garon

Plus de détails : www.colloquepatrimoinereligieux.qc.ca

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