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vendredi 25 mai 2018

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memoires vives

Sur le chemin du Roy avec Continuité,
Le magazine du patrimoine au Québec

 

par Gilles Durand


Le Conseil des monuments et sites du Québec (CMSQ) a lancé à l’automne 2007 le 114e numéro de sa revue Continuité, Le magazine du patrimoine au Québec, un périodique abondamment illustré, consacré à la connaissance et à la mise en valeur de l’héritage des Québécois.

 

Un dossier consacré au chemin du Roy


La livraison du troisième trimestre aborde le dossier d’une des composantes les plus importantes du patrimoine viaire du Québec, le chemin du Roy. Bien qu’il nous soit familier, tout particulièrement depuis la visite du général de Gaulle à l’été 1967, il n’est pas rare que des personnes s’interrogent sur le pourquoi de sa dénomination plus de trois fois centenaire. En parcourant la revue, le lecteur apprendra que cette désignation tient au fait que les obligations des propriétaires riverains de participer à la construction et à l’entretien de même que de donner le terrain nécessaire relevaient d’une exigence du roi plutôt que du seigneur.

 

Les différents visages du chemin du Roy et les enjeux du futur

 

Continuité
Résidences à Château-Richer, le long du chemin
du Roy, plus tard renommé « avenue Royale »
Crédit : Wikipédia, l’encyclopédie libre

La revue nous révèle bien autre chose sur cette voie reliant Québec, Trois-Rivières et Montréal, terminée en 1737. Plusieurs auteurs de disciplines et d’expériences différentes apportent une contribution : Alain Roy, historien, Christian Morissonneau, géographe, historien et professeur à l’Université du Québec à Trois-Rivières, Jérôme Vermette, agent de développement culturel au Centre local de développement (CLD) de Portneuf, Gérard Beaudet, urbaniste et directeur de l’Institut d’urbanisme de la Faculté d’aménagement de l’Université de Montréal, et Valérie Gaudreau, journaliste. À tour de rôle, ils se relaient pour nous faire voir les acquis : le parcours réel – qui ne correspond pas nécessairement au parcours imaginé – bien souvent la portion congrue; le patrimoine domestique, religieux et industriel qui le borde, c’est-à-dire les anciennes résidences, les églises et les chapelles, les moulins à farine, etc.; le rôle joué dans le maintien de traditions encore vivantes, comme la possibilité d’achat en bordure de la route de produits de la ferme de ceux qui les cultivent, sans passer par des intermédiaires. C’est aussi l’occasion pour ces défenseurs du patrimoine de signaler les dangers que font courir, à ce qui reste du chemin du Roy, l’urbanisation et l’augmentation du trafic automobile, « chemin faisant et défaisant » comme l’écrit l’urbaniste Gérard Beaudet. Enfin, ils se font avec raison les promoteurs de projets de mise en valeur, tels des centres d’interprétation de l’histoire de cette route, la plus longue à être construite en Amérique du Nord en cette première moitié du 18e siècle, qui connut ses heures de gloire, mais aussi ses difficultés liées à l’arrivée, au 19e siècle, de la navigation à vapeur et du chemin de fer.


Faire connaître, prendre position


Outre le dossier du chemin du Roy, la revue renferme aussi quelques études sur des sujets divers, comme la restauration de la Tour Jacques-Cartier de l’Hôtel du Parlement de Québec, les valeurs véhiculées par l’escalier extérieur des résidences, etc. Elle se termine par les « Avis et prises de position » du CMSQ, une rubrique qui, malgré sa place, n’est pas moins à lire et à relire au besoin : la raison d’être de l’organisme parrain est, en effet, la prise de position sur les moyens les mieux adaptés à la conservation et à la mise en valeur des composantes essentielles de notre patrimoine.


Quelle est la place du Conseil des monuments et des sites du Québec face à la Commission des biens culturels créée dans la foulée de la Loi sur les biens culturels de 1972?


Au début du 20e siècle, les Québécois prennent de plus en plus conscience de la valeur et de l’intérêt de leur patrimoine. Le nombre grandissant de touristes, parcourant les routes du Québec à la recherche de quelque chose de différent de ce qu’ils connaissent chez eux, n’est pas étranger à cet éveil. Le gouvernement du Québec décide d’intervenir en 1922 : il adopte une législation et met sur pied la Commission des monuments historiques de la Province de Québec chargée d’inventorier et d’assurer la préservation des monuments et des objets d’art ayant un intérêt patrimonial. Au début des années 1950, la Commission voit son champ d’intervention élargi, englobant désormais des paysages, des sites présentant un intérêt scientifique, artistique ou historique, etc. À compter de 1972, la Commission perd le volet « exécutif » de son mandat qui passe aux mains du ministère des Affaires culturelles créé en 1961; désormais, elle joue un rôle conseil face à ce dernier, aujourd’hui connu sous le nom de ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine.


Un organisme de défense, une revue


C’est au cours de ces années que le milieu s’organise. Jusqu’alors le patrimoine avait été beaucoup la tâche de l’État, sinon directement, du moins par le biais d’un organisme qu’il avait créé et qui lui était directement rattaché, la Commission des monuments historiques de la Province de Québec – le Conseil exécutif se réservant le pouvoir de décision –. En 1975, un organisme à but non lucratif est créé, le Conseil des monuments et sites du Québec, pour défendre la cause du patrimoine auprès des intervenants. Le CMSQ se veut un organisme rassembleur, toujours prêt à appuyer et à épauler les forces vives préoccupées de l’héritage à transmettre à la postérité. Après sept ans d’une présence active sur le terrain, en 1982, il se donne deux moyens additionnels d’assurer sa visibilité, une revue, Continuité, et une maison d’édition, les Éditions Continuité : par là, il est mieux en mesure de faire connaître ses « Avis et prises de position » et d’assurer la défense de biens patrimoniaux mis en danger par l’indifférence de la population.

Visitez le site du Conseil des monuments et sites du Québec (CMSQ)

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