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Auberge Place d'Armes

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Dans le plus récent numéro 176, août 2016, France-Québec Mag : 50 ans après le premier accord, où en est la relation franco-québécoise?

Par Gilles Durand

 

France-Québec, les plus beaux villages du Québec.

C'est la question que pose le plus récent numéro 176, août 2016, France-Québec Mag de la Fédération France-Québec / francophonie et à laquelle il fournit des réponses. Le compte rendu du forum sur la coopération franco-québécoise, tenu le 29 avril 2016 à l'Hôtel du Parlement de Québec, préparé par le secrétaire général de la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs (CFQLMC), Robert Trudel, et le bilan de fin de mandat du délégué général du Québec à Paris, Michel Robitaille, dont les propos sont recueillis par Laurence Baulande et Georges Poirier, sont au nombre des textes particulièrement pertinents.

Les fondements de la relation franco-québécoise

 

De plus de 400 ans d'âge, les fondements de la relation franco-québécoise constituent des liens solides et inébranlables, une chaîne dont les événements de l'histoire n'ont jamais pu briser les maillons. Une aventure commune, ayant pour point de départ les rivages français et pour point d'arrivée le continent nord-américain, l'histoire, la langue, la culture, c'est « le fer de lance de la relation (p. 20) » pour reprendre une expression du délégué général. L'ex-diplomate Jean Fortin va dans le même sens lorsqu'il souligne que « les liens interpersonnels, naturels entre Français et Québécois, constituent le grand atout de la relation franco-québécoise (p. 26) ».

La relation franco-québécoise en 2016

 

Au niveau politique, le délégué général mentionne une relation différente à l'heure actuelle, mais non affaiblie (p. 20). À ce chapitre, le consul général de France sortant, Nicolas Chibaeff, recommande de mettre de côté « la nostalgie » d'« un âge d'or » pour prendre plutôt en considération les « solides atouts pour naviguer à la poursuite d'objectifs partagés (p. 27) », dont les rencontres alternées des Premiers ministres, le fonds de coopération décentralisée, etc. Au total, un intérêt de la part des deux gouvernements qui ne se dément pas.

Au plan économique, Michel Robitaille souligne des liens en « pleine progression. 22 nouvelles entreprises québécoises se sont implantées en France, soit 161 maintenant. La France est le premier client du Québec en Europe et le deuxième investisseur au Québec (p. 20) ». Même si on reconnaît la nécessité d'ajustements, il souligne avec fierté que les Accords de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles (ARM) sont regardés par l'Union européenne « comme un modèle franco-québécois de mobilité (p. 21) ».

Côté société civile, les échanges se démarquent d'une façon toute particulière. Québécois et Français traversent l'Atlantique pour retrouver soit le point de départ des pionniers français venus en Amérique, soit leur point d'ancrage sur le continent nord-américain. Les prestations d'artistes québécois et français sont de nos jours choses courantes tant en France qu'au Québec. Les deux associations jumelles, Québec-France et France-Québec / francophonie, jouent un rôle de support incontournable dans ce va-et-vient sur l'Atlantique. « La société civile, de dire le délégué général du Québec, c'est ce qui fait que la relation franco-québécoise a une spécificité que l'on ne retrouve pas pour d'autres pays (p.21). »

Le futur de la relation franco-québécoise


Compte tenu du rôle indispensable des jeunes pour prendre en charge l'héritage des générations passées, et de l'État comme initiateur, accompagnateur et supporteur de la relation franco-québécoise, des voix discordantes se font entendre. Face à l'influence des États-Unis sur le Québec, Denis Monière invite, en guise de conclusion du forum, à réfléchir sur « l'affaiblissement des relations d'État à État et [sur] la déperdition de l'attachement à la France comme source d'inspiration collective (p. 27) ». Le même « déplore le désintérêt des élites politiques françaises à l'endroit du Québec ainsi que le désintérêt des Québécois envers la France ». De son côté, Alfred Pilon (Organismes jeunesse internationaux du Québec) ne manque pas d'attirer l'attention sur le fait que l'Office franco-québécois pour la jeunesse, un organisme supporté par les gouvernements français et québécois, ne peut suffire à répondre « aux demandes croissantes de stages » malgré son dynamisme (p. 27); des ressources financières accrues de la part de l'État seraient nécessaires. Enfin le journaliste Christian Rioux qualifie la situation actuelle de « lente dérive des continents » : « à peine 1 000 Québécois fréquentent les universités françaises, souvent pour de courts séjours, quand 12 000 Français étudient au Québec. (p. 26) » Une situation à corriger. Il faut stimuler la mobilité étudiante : comme le dit le Consul général, « l'enjeu central… est de convaincre les générations montantes de l'intérêt de faire vivre et fructifier cette relation si singulière. C'est là où se joue l'indispensable appropriation de notre relation par nos sociétés civiles (p. 27) ». Et d'ajouter le coprésident de la CFQLMC, Denis Racine, les points de repère sur le terrain, les itinéraires touristiques pour les mettre en contexte et les relier entre eux, de même que les activités commémoratives (p. 27) peuvent aussi jouer un rôle fort important de catalyseur.

champlain vague