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Auberge Place d'Armes

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Une nouvelle publication aux Éditions du Brûlé

Daniel Barbarin, curieux nomade. De Saint-Étienne à Pont-Rouge en passant par l'Algérie, par André Dorval, Les éditions du Brûlé, 2017, 178 pages.

Gilles Durand

Le 150e anniversaire de la Ville de Pont-Rouge est l'occasion pour un citoyen de l'endroit, André Dorval, descendant de l'un de ses pionniers, de lancer une publication renfermant un manuscrit écrit par son arrière-grand-père maternel, Daniel Barbarin. Intitulé Notice sur le Canada actuel par un colon français 1894, l'ouvrage est précédé d'une mise en contexte à caractère biographique et historique. Pour cet après-midi tout spécial du lancement, l'auteur était bien entouré, descendants de Daniel Barbarin, citoyens de Pont-Rouge, amis, au total environ 100 personnes. D'entrée de jeu, André Dorval pose la question du qualificatif à accoler à Daniel Barbarin, originaire de Saint-Étienne dans la Loire, curieux nomade, nomade curieux, aventurier. Pour trouver une réponse, il invite les futurs lecteurs à parcourir cet ouvrage avec l'œil vigilant de l'archéologue, compte tenu du manque d'informations occasionnel pour documenter certains événements de la vie de son ancêtre et de la nécessité de porter attention aux moindres indices disponibles.

De g. à d. à l’avant André Dorval, auteur et coprésident sortant de la CFQLMC, et sa conjointe, Sylvie Hamel, Robert Trudel (portant chapeau), secrétaire général et trésorier de la CFQLMC, et sa conjointe, Claire Beaudry

De g. à d. à l’avant André Dorval, auteur et coprésident sortant de la CFQLMC, et sa conjointe, Sylvie Hamel, Robert Trudel (portant chapeau), secrétaire général et trésorier de la CFQLMC, et sa conjointe, Claire Beaudry
Photo Gilles Durand – CFQLMC

Au centre Denis Racine coprésident actuel de la CFQLMC

Au centre Denis Racine coprésident actuel de la CFQLMC
Photo Gilles Durand - CFQLMC

Daniel Barbarin naît en 1840 à Saint-Étienne dans la Loire. Après des études au collège jésuite Saint-Michel de l'endroit, il choisit le métier d'armurier qu'il pratique jusqu'en 1875. À 28 ans, il se marie avec Jeanne-Marie Rouchouse. Le couple a quatre enfants quand il se laisse attirer par l'Algérie, une colonie bien présente dans l'imaginaire des Français depuis la perte en 1871 de l'Alsace-Lorraine aux mains des Allemands. En 1876, c'est alors la traversée de la Méditerranée. « […] Daniel Barbarin, de poursuivre l'auteur, débarque avec sa famille dans une région peu peuplée (500 habitants à Collo en 1859), d'une sécurité toute relative et sous autorité militaire. Pour coloniser le territoire et inciter les Français de métropole à s'installer en Algérie, la France offrait divers avantages. L'État octroyait une terre (30 à 35 hectares dans le cas de Barbarin), en parrainait la location pendant une année d'essai au terme de laquelle il l'aliénait au profit du colon. Si celui-ci avait des avantages, il s'engageait en contrepartie à s'établir et à construire. Daniel Barbarin a aussi profité des avantages en matière de transport […] (p. 28-29) ».

Malheureusement, le projet d'établissement prend fin à l'automne 1879. Jeanne-Marie était décédée en 1878, probablement des suites de l'accouchement de son 5e enfant, ce qui explique probablement en partie le retour de Daniel, l'année suivante, avec sa famille à Saint-Étienne dans la Loire. Là, il s'installe à proximité de son lieu de naissance. Au cours des 10 années suivantes, il se fait métayer pour le compte du baron de Rochetaillée, puis il renoue « avec une variante de son métier d'armurier (p. 39) ».

De nouveau en 1890, il apparaît se laisser influencer par un des courants de l'époque, celui de la « grande traversée » vers l'Amérique (1870-1914), qui a amené plusieurs de ses compatriotes français outre-Atlantique. « Comme pour l'Algérie, d'écrire l'auteur, Daniel Barbarin n'a laissé aucune explication de son désir d'immigrer en 1890. […] [Cependant] on apprend en lisant son texte, qu'il a fait appel à une agence d'émigration pour organiser son voyage jusqu'à Québec. D'autre part, en arrivant, l'objectif qu'il expose à ses interlocuteurs est clair : trouver une terre boisée, à tarif préférentiel (terres du gouvernement). […] On peut donc conclure qu'il avait entendu parler de ces régions [du Québec] et du potentiel de colonisation de vive voix ou à la lecture de documents. […] Il faut savoir qu'à cette époque, les efforts de colonisation des territoires inhabités menés par les gouvernements du Québec et du Canada ont conduit à solliciter l'immigration européenne et notamment française (p. 39-40). »

Finalement, toutes les démarches qu'il effectue dès son arrivée à Québec, l'amènent à s'établir à Pont-Rouge. Encore une fois, laissons la plume à l'auteur pour la suite des choses : « […] Depuis son arrivée à l'âge de 50 ans et jusqu'à son décès à 73 ans, on ne lui connaît pas vraiment de travail rémunéré. Il s'est surtout défini comme gentilhomme-cultivateur et rentier. […] Le recensement de 1911 l'inscrit comme cultivateur. […] Pendant ces 23 années de vie à Pont-Rouge, il semble que la source principale de ses revenus a été fondée surtout sur ses avoirs initiaux et sur des rentes. » Son passage à Pont-Rouge lui aura néanmoins permis de renseigner ses compatriotes sur les possibilités offertes par le Québec, tant en matière de ressources que comme milieu de vie empreint de solidarité et de fraternité. C'est le sens de sa « notice sur le Canada actuel », préparée en 1894 à l'intention de ceux qui aimeraient venir s'établir au Québec : on y trouve des conseils sur la culture du sol et la nécessité d'engrais, les variétés de grains et de légumes que la terre peut produire, l'architecture des habitations, les systèmes de monnaie, de poids et mesures, le climat, la division des terres par rang et leur étendue, les us et coutumes telles les « veillées du bon vieux temps » entre voisins, les fiançailles, les noces. Le manuscrit qui se termine « abruptement » et qui nous laisse sur notre appétit, fait l'objet du dernier chapitre. Néanmoins il témoigne d'un personnage qui a apprécié le quotidien de Pont-Rouge et de la campagne environnante, et dont le passage n'est pas sans avoir laissé de traces. Sur ce sujet, l'auteur, André Dorval, s'exprime en ces termes : « Bien que son patronyme soit complètement disparu du paysage de Pont-Rouge, Daniel Barbarin est pourtant, par la descendance de ses filles [quatre au total, son seul fils Jean étant décédé à 18 ans], un acteur significatif du peuplement et du développement de cette ville. Plusieurs de ses descendants ont peuplé la région de Pont-Rouge (p. 13). »

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