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Auberge Place d'Armes

Colloque 1918-1919 : Défis et enjeux de l'après-guerre au Québec

Un colloque consacré au fondateur de la Nouvelle-Orléans, Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville, le samedi 25 août 2018, à la Ville de Longueuil

Par Gilles Durand
De g. à d., Louis Lemoine, Tommy Théberge, Denis Desgagné, Marcel Fournier, Sylvie Parent, Denis Racine, Nathalie Boisclair, Bruno Racine
De g. à d., Louis Lemoine, président du CA de la Société d'histoire de Longueuil, Tommy Théberge, conseiller municipal responsable de la Culture, Ville de Longueuil, Denis Desgagné, pdg du Centre de la francophonie des Amériques, Marcel Fournier, coordonnateur du colloque Bienville 2018, CFQLMC, Sylvie Parent, mairesse de la Ville de Longueuil, Denis Racine, coprésident de la CFQLMC, Nathalie Boisclair, présidente de l'arrondissement de Saint-Hubert, Ville de Longueuil, Suzanne Lachance, présidente de Québec France-Montérégie, Bruno Racine, président de la Société d'histoire de Longueuil
Crédit photo Jacques Landry / Françine Boivert

Le samedi 25 août 2018, un colloque fut tenu à la Ville de Longueuil pour rappeler la mémoire de la famille Charles Le Moyne de Longueuil, principalement de l’un de ses membres, Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville, fondateur de la ville de la Nouvelle-Orléans il y a 300 ans, en 1718. L’activité a été organisée par la Société d’histoire de Longueuil et la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs en partenariat avec l’Association Québec-France – Montérégie, le Centre de la Francophonie des Amériques, la Fédération Histoire Québec, The Historic New Orleans Collections et la Ville de Longueuil – Ministère de la Culture et des Communications.

Des mots de bienvenue

Au nom de l’organisme hôte, la Ville de Longueuil, la mairesse, Sylvie Parent, souhaita la bienvenue aux participants. Elle profita de l’occasion pour rappeler toute l’importance de la famille Le Moyne dans le développement de Longueuil et dans celui de sa « sœur jumelle », la ville de la Nouvelle-Orléans. C’est ce qui explique d’ailleurs la présence de Charles Le Moyne, premier seigneur de Longueuil et père de Bienville, dans la toponymie de la ville; un monument lui est également dédié. Pour la mairesse, il est important de conserver vivante la mémoire des pionniers qui se sont démarqués.

Au nombre de ceux qui se sont adressés aux 130 participants au colloque en début de journée, le président québécois de la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs, Denis Racine, souligna tout l’intérêt que représentait l’implication du milieu municipal, un milieu « qu’il connaissait bien, ayant été conseiller et maire de la Ville de Lac-Sergent pendant 14 ans ». Il ajoute que l’appui donné par la Commission à cette journée s’inscrit tout à fait dans sa mission, celle de maintenir vivant le souvenir de l’héritage apporté par Champlain et des pionniers qui l’ont enrichi par la suite. C’est d’ailleurs un des collaborateurs engagés de la Commission, Marcel Fournier, qui a assuré la coordination le l’organisation de l’activité et la direction de la préparation d’un programme souvenir substantiel. Ont également collaboré à l’organisation Louis Lemoine (Société d’histoire de Longueuil), Stéphanie Briaud (Ville de Longueuil) et Jacques Landry (Association Québec-France – Montérégie), et aux textes du programme souvenir Louis Lemoine et Yves Drolet (généalogiste).

Les conférences

Pour l’occasion, six conférenciers, tant de France, des États-Unis que du Québec et de l’Acadie, spécialistes en la matière, ont été invités à prendre la parole : Marcel Lussier (généalogie et biographie de Bienville), Arnaud Balvay (relations des soldats français en Louisiane avec les autochtones), André-Carl Vachon (l’établissement des Acadiens en Louisiane), Alfred Lemmon (la Nouvelle-Orléans sous les rois bourbons de France et d’Espagne au 18e siècle), Patrick Salin (les forts français en basse Louisiane), Ariane Jacques-Côté (l’économie alimentaire de la Nouvelle-Orléans). L’ensemble des communications permit au public participant de mieux connaître, sinon de découvrir toute la place de Bienville dans l’histoire de la Louisiane de même que les maillons de cette chaîne qui relie l’Amérique du Nord à la France et que les événements de l’histoire n’ont jamais pu briser.

Quelques notes généalogiques et biographiques sur Bienville

Marcel Lussier présenta le fondateur de la Nouvelle-Orléans en 1718, Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville. Celui-ci accompagna d’abord son frère Pierre Le Moyne d’Iberville lors de la découverte de l’embouchure du Mississippi à la toute fin du 17e siècle, une entreprise que Cavelier de La Salle ne put jamais réaliser, lui qui avait d’abord découvert le Mississippi par ses sources quelques années plutôt. Il revint à Bienville d’avoir assuré un pied à terre sécuritaire à la France pour la pénétration par le sud, à l’intérieur du continent nord-américain. Après quelques tentatives de s’établir sur un emplacement propice au déchargement des navires à l’est du Mississippi, Bienville retint, pour ce qui devint la Nouvelle-Orléans, un endroit plus à l’ouest, à l’embouchure du Mississippi. Le lieu choisi obligeait les navires remontant le fleuve à se réorienter, une manoeuvre exigeant du temps à l’époque de la navigation à voile, exposant les voiliers venus pour attaquer les Français à leurs projectiles, d’affirmer le conférencier. Bienville exerça des responsabilités importantes de commandement et d’administration dans les destinées de la Louisiane jusqu’à son départ définitif de la colonie en 1743. Le conférencier profita de l’occasion pour sensibiliser l’auditoire sur la richesse des actes de baptême, mariage et sépulture de la famille Le Moyne, une mine de renseignements pour l’histoire de la Nouvelle-France, étant donné les liens de cette famille avec plusieurs grandes familles de l’époque.

Le contexte dans lequel Bienville opérait du côté nord : La Louisiane et le territoire des Illinois

Le développement de la Nouvelle-Orléans, situé au sud de Louisiane et du territoire des Illinois (entre la Louisiane et les Grands Lacs), constituait un défi à relever, en raison de ses ressources limitées et de son éloignement de la colonie laurentienne. De plus, les possessions françaises à l’intérieur du continent nord-américain formaient une barrière à l’avancée vers l’ouest des colonies britanniques établies sur le littoral atlantique. Ce fut l’occasion pour le conférencier, Arnaud Balvay, de souligner toute l’importance des alliances entre Amérindiens et Français, le plus souvent des soldats, qui étaient postés dans des forts le long du Mississippi. Les échanges donnèrent naissance à ce que le conférencier appela la « société des forts ». D’un côté, les Français entretenaient de bonnes relations avec les Amérindiens en fournissant des cadeaux, des haches, des fusils et en contractant des alliances avec les Amérindiennes. De l’autre, les Amérindiens apportaient aux forts de peaux, des victuailles en cas de disette et une aide militaire contre les tribus ennemies alliées aux Britanniques de la côte atlantique.

Le contexte au sud : le golfe du Mexique et les colonies espagnoles

Le conférencier louisianais, Alfred Lemmon, montra comment la Louisiane put pallier à son isolement en mettant à profit de bonnes relations avec les colonies espagnoles établies au sud, en particulier le port de Veracruz. Le golfe du Mexique permettait en effet les communications entre les Espagnols et les Français de la Nouvelle-Orléans. Une situation d’autant plus facilitée, d’affirmer le conférencier, du fait que les couronnes de France et d’Espagne étaient aux mains de la même famille, celle des Bourbons. Même après le transfert de la Louisiane à l’Espagne dans la seconde moitié du 18e siècle, le français continua d’avoir cours sous la nouvelle administration espagnole. Encore aujourd’hui, la langue française est parlée en Louisiane et il existe également de nombreuses traces de l’ancienneté du fait français dans cet État, au niveau de l’architecture, des écrits et des arts. À son départ définitif pour la France en 1743, Bienville pouvait s’enorgueillir d’avoir implanté le fait français d’une façon durable dans cette colonie du bas Mississippi que Napoléon vendit aux Américains en 1803.

Pour revenir sur l’événement

Le lecteur pourra compléter ces informations par le programme souvenir du colloque, par des enregistrements vidéo d'une partie de celui-ci, et par les actes qui seront publiés prochainement :

Enregistrements vidéo – voir Youtube Colloque Bienville 2018 (Longueuil)

champlain vague